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jeudi 2 mars 2017

Présidence Hollande : l’heure du bilan a sonné

« Gagner pour faire quoi ? Rééditer 1997-2002 ? […] François Hollande n'aura pas une heure d'état de grâce. La France peut-elle se permettre d'avoir un nouveau pouvoir dont elle n'attend rien ? » -Laurent Bouvet, « Le peuple est devenu un problème pour la gauche », Entretien avec Bernard Poulet, 26 janvier 2012.

samedi 31 octobre 2015

Les Figures jüngeriennes



« Chacun sait que l’œuvre d’Ernst Jünger a successivement fait apparaître quatre grandes Figures, correspondant chacune à une période bien distincte de sa vie. Il s’agit, chronologiquement, du Soldat du front, du Travailleur, du Rebelle et de l’Anarque. A travers ces Figures se laisse deviner l’intérêt passionné que Jünger a toujours porté au monde des formes, qui pour lui ne sauraient résulter du hasard, mais constituent autant de configurations canalisant, à des niveaux différents, les modalités d’expression du sensible: l’« histoire » du monde est avant tout morphogenèse. En tant qu’entomologiste, Jünger était par ailleurs tout naturellement porté aux classifications. Au-delà de l’individu, il identifie l’espèce ou le genre. On peut y voir une manière subtile de récuser l’individualisme: « L’unique et le typique s’excluent », écrit-il. L’univers tel que le voit Jünger est donc un univers où des Figures confèrent aux époques leur signification métaphysique. Nous voudrions, dans ce bref exposé, montrer ce qui rapproche et différencie les grandes Figures identifiées par Jünger, et comment elles s’articulent entre elles.

dimanche 26 juillet 2015

Orages d’acier, d’Ernst Jünger



« Nous savions que cette fois nous allions entrer dans une bataille telle que le monde n'en avait encore jamais vu. »
-Ernst Jünger, Orages d'acier, p.81.
Lu Orages d’Acier, d’Ernst Jünger (dans Journaux de guerre, tome I : 1914-1918, coll. Bibliothèque de la Pléiade (n° 540), Gallimard, 2008, 944 pages). C’est un bon récit de la guerre, mais il ne m’a pas transporté. Par sûr que le sujet s’y prête. La forme du journal prive cet écrit d’une cohérence générale qui aurait pu lui apporter une signification sublimant la somme de ces éléments. D’un autre côté, il est ainsi plus proche de la réalité historique. Mais j’ai toujours dit que l’école réaliste [R1] m’était étrangère, et en dépit de son sujet, Orages d’acier se rapproche de cette forme littéraire. Jünger a la digne figure d’un homme emporté par le conflit mondial, mais son flegme ne le rend pas toujours très attachant [R2]. Son récit le dépeint fondamentalement seul. Les camarades qu’il mentionne sont des figures qui passent devant le lecteur, sans descriptions ni psychologies (même superficielles), le plus souvent pour mourir ou illustrer une anecdote. Une amitié, ou une romance, ou même une camaraderie plus présente, aurait sûrement rendu ce récit plus touchant et plus mémorable. Mais sans doute Jünger ne les a-t-il tout simplement pas vécus.