vendredi 19 mai 2017

La fin des corporations, de Steven L. Kaplan

La fin du XVIIIème siècle s’accompagna en France d’un ensemble de transformations socio-économiques (amélioration de la productivité agricole menant à une diminution de la main d’œuvre nécessaire et à un exode rural), technologiques (Révolution industrielle) et juridiquo-politiques, qui conduisirent à la formation d’une économie de marché reposant sur l’égalité juridique des individus et l’essor de la condition salariale (ce que les marxistes nommeraient la naissance du capitalisme).

jeudi 27 avril 2017

Les Français, la Terre et la Mer

Louis Philippe Crépin, Bataille navale pour les îles de Loz, [opposant la frégate française l'Aréthuse à une frégate anglaise], 7 février 1813
Carl Schmitt, on l’a vu, envisageait l’histoire mondiale comme « l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes ».
Il peut dès lors être intéressant de se demander quelle est la situation de la France dans une telle histoire. Le caractère maritime de notre pays, souvent oublié ou négligé, est en même temps un enjeu de la compréhension de notre passé, et de la détermination de notre présent et notre avenir.

samedi 8 avril 2017

La Raison de Rome. Naissance de l’esprit critique à la fin de la République, de Claudia Moatti

On présente volontiers la civilisation romaine de l’Antiquité comme une civilisation martiale, païenne (le dieu de la guerre, Mars, y fut vénéré et loué sans commune mesure avec son équivalent grec, Arès), militarisme auquel devait contribuer même une partie de sa philosophie ; une civilisation fortement hiérarchique, qui inventa l’autorité (incarné par l’institution sénatoriale) comme principe de gouvernement (cf Hannah Arendt, « Qu’est-ce que l’autorité ? » in La Crise de la Culture), là où les Grecs inventèrent la démocratie et la remise en question de la tradition au profit de l’interrogation illimitée (ce que Cornelius Castoriadis a appelé le principe d’autonomie).

jeudi 23 mars 2017

La cité divisée. L’oubli dans la mémoire d’Athènes, de Nicole Loraux



« Pour désigner la sédition, la révolution dans la cité, les Grecs usent du mot de stasis qu’ils ont emprunté à la racine la plus évocatrice des idées de fermeté, de permanence, de stabilité. Comme si la stasis était chez eux une institution. »
-H. Van Effenterre.


« Le meurtre de deux frères, tombés sous des coups mutuels, c’est là une souillure qui ne vieillit pas. » (Eschyle, Les Sept contre Thèbes, 681-682)

jeudi 2 mars 2017

Présidence Hollande : l’heure du bilan a sonné

« Gagner pour faire quoi ? Rééditer 1997-2002 ? […] François Hollande n'aura pas une heure d'état de grâce. La France peut-elle se permettre d'avoir un nouveau pouvoir dont elle n'attend rien ? » -Laurent Bouvet, « Le peuple est devenu un problème pour la gauche », Entretien avec Bernard Poulet, 26 janvier 2012.

mercredi 22 février 2017

Terre et Mer. Un point de vue sur l’histoire mondiale, de Carl Schmitt

Le mois dernier, nous avions parlé un peu de Kant, et de ce qu’était une histoire de l’humanité conçue de manière téléologique, (une philosophie de l’histoire en somme). Par contraste, l’ouvrage de Carl Schmitt intitulé Terre et Mer offre un point de vue a-théologique sur l’histoire mondiale. L’histoire n’y est pas la conséquence d’un « plan caché de la nature », mais bien le fait des hommes, des sociétés. Elle ne signifie rien et ne mène vers rien (privée de terme, elle ne peut donc être ni perpétuellement en progrès ni perpétuellement en déclin). Il est amusant de voir que pour le catholique Schmitt, l’histoire (du moins dans ce texte), n’est absolument pas gouvernée par une Providence. Dieu a été évacué, la logique du devenir historique repose sur les rapports de force immanents à l’humanité. Il s’agit donc d’une histoire à la fois pourvue d’une certaine intelligibilité (cf p.23) , mais a-signifiante. Sur ce point, Terre et Mer nous semble surpasser même le Manifeste communiste (les deux grilles de lectures n’étant pas incompatibles, commele souligne Laurent Henninger).

samedi 28 janvier 2017

Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, d’Emmanuel Kant


La rédaction par Kant de l’Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique marque vraisemblablement la naissance de la philosophie de l’histoire, définit par Aron comme « interprétation globale du devenir humain qui dégage les grandes lignes de ce devenir et simultanément, la signification essentielle de ce devenir » (Raymond Aron, "Philosophie et Histoire". Cours, première diffusion le 02/12/1963 sur Radio Sorbonne, 1/5). Définition à laquelle il faut selon moi ajouter l’idée qu’un tel discours se veut philosophique, et non religieux (car un « linéarisme historique » de nature religieuse est présent dans le judaïsme et le christianisme, et dans des religions orientales encore plus anciennes, comme le Zoroastrisme. L’idée de sens et d’achèvement du devenir historique semble d’ailleurs purement monothéiste, les paganismes gréco-romains ou scandinaves, religions « cycliques » n’assignant pas de commencement ni de fin au monde –Ragnarök lui-même est suivi d’une renaissance du monde).

jeudi 1 décembre 2016

Trump et nous

Avec le Brexit, dont nous reparlerons bientôt, l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique constitue certainement l’événement le plus important de l’année 2016. Ces deux événements ont sans nul doute ébréché la marche en avant de l’Empire euroatlantique. Ils marquent la fin de la première moitié du XXIème siècle, allant des attentats de 2001 aux guerres que l’Occident a mené en Afrique, en Syrie, etc.

lundi 14 novembre 2016

Le souverainisme libéral




Le débat politique est devenu si sommaire dans notre pays que l’on feint d’opposer souverainisme et libéralisme alors que les deux doctrines sont complémentaires.