Le mois dernier, nous avions parlé un peu de Kant,
et de ce qu’était une histoire de l’humanité conçue de manière téléologique, (une
philosophie de l’histoire en somme). Par contraste, l’ouvrage de Carl Schmitt
intitulé Terre et Mer offre un point
de vue a-théologique sur l’histoire mondiale. L’histoire n’y est pas la
conséquence d’un « plan caché de la
nature », mais bien le fait des hommes, des sociétés. Elle ne signifie
rien et ne mène vers rien (privée de terme, elle ne peut donc être ni
perpétuellement en progrès ni perpétuellement en déclin). Il est amusant de
voir que pour le catholique Schmitt, l’histoire (du moins dans ce texte), n’est
absolument pas gouvernée par une Providence. Dieu a été évacué, la logique du
devenir historique repose sur les rapports de force immanents à l’humanité. Il
s’agit donc d’une histoire à la fois pourvue d’une certaine intelligibilité (cf
p.23) , mais a-signifiante. Sur ce point, Terre
et Mer nous semble surpasser même le Manifeste
communiste (les deux grilles de lectures n’étant pas incompatibles, commele souligne Laurent Henninger).
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mercredi 22 février 2017
Terre et Mer. Un point de vue sur l’histoire mondiale, de Carl Schmitt
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samedi 13 août 2016
L’Etat, d’Anthony de Jasay
S’il fallait comparer L’Etat d’Anthony de Jasay à un autre
ouvrage de philosophie politique, ce serait au Contr’un (ou Discours de la servitude volontaire) de La Boétie.
Dans un cas comme de l’autre, il s’agit à la fois d’analyser les formes et mécanismes
du pouvoir politique (ce que font aussi Machiavel ou Arendt), mais -différence
fondamentale entre philosophie et science politique-, il y a ici un parti pris
normatif : celui de résister au pouvoir. On peut donc dire que De Jasay,
en penseur libéral avisé, nous invite à connaître notre ennemi.
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vendredi 24 juin 2016
Brexit, le crépuscule de la servitude
« Courageux
et libre, le grand peuple britannique vient de se hisser à la hauteur de son
histoire et d’administrer une formidable leçon de liberté aux autres peuples du
continent.
En
ce 24 juin au matin, une chose est sûre : l’Histoire vient de basculer.
Non
seulement le Royaume-Uni va reprendre sa liberté mais tous les peuples
d’Europe, les uns après les autres, vont désormais exiger d’avoir aussi la même
possibilité.
En
sortant leur pays de l’infâme piège tendu par Washington depuis 1951, les
Britanniques viennent de rendre au monde un service comparable à celui de 1940.
En
ce 24 juin 2016 au matin, la prétendue « construction européenne » vient de
commencer son effondrement final. »
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mercredi 10 février 2016
L'École de Salamanque ou les origines thomistes des droits naturels
L’École de Salamanque désigne le renouveau
intellectuel initié au XVIème siècle par plusieurs théologiens catholiques
espagnols. Elle doit son nom à l’Université de Salamanque, fondée en 1218, mais
ne se forme que sur la base de l’enseignement de Francisco de Vitoria (qui y
enseigne à partir de 1526) et se prolonge jusqu’à Francisco Suárez (1548-1617).
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vendredi 21 août 2015
La République, de Cicéron
« Celui
qui préside aux destinées de la République doit avoir pour but le bonheur de
ses concitoyens. Qu'il travaille constamment à donner à l'État puissance,
richesse, attitude glorieuse, sans s'écarter des voies de l'honneur et de la
vertu. »
-Cicéron, Ad
Atticum, VIII, 11.
Lu De la République, de Cicéron (en latin De Republica). Un ouvrage admirable,
considéré dès l’Antiquité comme le chef d’œuvre de Cicéron.
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mardi 4 août 2015
Traité du pouvoir du magistrat politique sur les choses sacrées, d’Hugo Grotius
Lu le Traité du pouvoir du magistrat politique sur les choses sacrées, d’Hugo Grotius.
Ce traité politique, datant du milieu du XVIIème siècle, s’inscrit en plein
dans les problèmes de l’époque, et plus précisément dans la crise européenne
ouverte un siècle plus tôt par la Réforme protestante (la publication des thèses
luthériennes datant de 1517).
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