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dimanche 4 juin 2017

La Raison dans l'Histoire, de Hegel


On a vu, avec Agamben, l’influence historique de l’idée d’un gouvernement providentiel du monde. Hegel, dans l’ouvrage qui expose sa philosophie de l’histoire, évoque explicitement cette notion (cf ci-dessous p.60), mais affirme que la fidélité à la foi chrétienne impose d’aller plus loin. Hegel ambitionne d’exposer le contenu « concret » du gouvernement providentiel du monde. L’hégélianisme forme donc l’expression la plus aboutie, la plus honnêtement religieuse, –la plus lyrique aussi- d’une conception idéaliste de l’Histoire (l’idée gouverne l’histoire et l’histoire manifeste la réalisation d’une idée).

mercredi 22 février 2017

Terre et Mer. Un point de vue sur l’histoire mondiale, de Carl Schmitt

Le mois dernier, nous avions parlé un peu de Kant, et de ce qu’était une histoire de l’humanité conçue de manière téléologique, (une philosophie de l’histoire en somme). Par contraste, l’ouvrage de Carl Schmitt intitulé Terre et Mer offre un point de vue a-théologique sur l’histoire mondiale. L’histoire n’y est pas la conséquence d’un « plan caché de la nature », mais bien le fait des hommes, des sociétés. Elle ne signifie rien et ne mène vers rien (privée de terme, elle ne peut donc être ni perpétuellement en progrès ni perpétuellement en déclin). Il est amusant de voir que pour le catholique Schmitt, l’histoire (du moins dans ce texte), n’est absolument pas gouvernée par une Providence. Dieu a été évacué, la logique du devenir historique repose sur les rapports de force immanents à l’humanité. Il s’agit donc d’une histoire à la fois pourvue d’une certaine intelligibilité (cf p.23) , mais a-signifiante. Sur ce point, Terre et Mer nous semble surpasser même le Manifeste communiste (les deux grilles de lectures n’étant pas incompatibles, commele souligne Laurent Henninger).

samedi 28 janvier 2017

Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, d’Emmanuel Kant


La rédaction par Kant de l’Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique marque vraisemblablement la naissance de la philosophie de l’histoire, définit par Aron comme « interprétation globale du devenir humain qui dégage les grandes lignes de ce devenir et simultanément, la signification essentielle de ce devenir » (Raymond Aron, "Philosophie et Histoire". Cours, première diffusion le 02/12/1963 sur Radio Sorbonne, 1/5). Définition à laquelle il faut selon moi ajouter l’idée qu’un tel discours se veut philosophique, et non religieux (car un « linéarisme historique » de nature religieuse est présent dans le judaïsme et le christianisme, et dans des religions orientales encore plus anciennes, comme le Zoroastrisme. L’idée de sens et d’achèvement du devenir historique semble d’ailleurs purement monothéiste, les paganismes gréco-romains ou scandinaves, religions « cycliques » n’assignant pas de commencement ni de fin au monde –Ragnarök lui-même est suivi d’une renaissance du monde).

mercredi 4 mai 2016

Une fable postmoderne, de Jean-François Lyotard

Une fable postmoderne est l’un des textes qui composent le recueil Moralités postmodernes. Jean-François Lyotard y narre d’abord une apocalypse conforme avec nos connaissances scientifiques modernes, à savoir la mort du soleil, que Wikipédia décrit ainsi : « Lorsqu’il sera âgé de 10,5 milliards d’années, l’équilibre hydrostatique sera rompu. Le Soleil aura converti tout l'hydrogène de son cœur en hélium. Le noyau d'hélium se contractera et s’échauffera fortement tandis qu’une couronne externe du cœur fusionnera l’hydrogène en hélium. Ses couches superficielles, dilatées par le flux thermique croissant et ainsi partiellement libérées de l’effet gravitationnel, seront progressivement repoussées : le Soleil se dilatera, d'abord lentement sur 500 millions d'années, puis plus rapidement sur 500 millions d'années supplémentaires, pour finalement se transformer en géante rouge. Au terme de ce processus, le diamètre du Soleil sera environ 100 fois supérieur à l’actuel et près de 2 000 fois plus lumineux. Il dépassera l’orbite de Mercure et de Vénus. La Terre, si elle subsiste encore, ne sera plus qu’un désert calciné. »