lundi 3 octobre 2016

Montesquieu, par Alain Juppé


Lu Montesquieu (sous-titré, « le moderne »), réédition augmentée en 2015 d’une version datant à l’origine de 1999. Dans cet essai de qualité étonnamment bonne, M. Juppé vise un double objectif : rendre compte, sous la forme biographique, de notre connaissance historique de l’homme, et dégager les grandes lignes de l’œuvre afin d’y puiser des principes directeurs pour l’action. Ainsi, cet ouvrage nous en apprend non seulement beaucoup sur l’auteur de L’Esprit des lois, mais nous donne également d’abondants indices pour mieux se faire une idée de M. Juppé lui-même (ou du moins, de l’image qu’il a souhaité donner ici au public).

samedi 13 août 2016

L’Etat, d’Anthony de Jasay


S’il fallait comparer L’Etat d’Anthony de Jasay à un autre ouvrage de philosophie politique, ce serait au Contr’un (ou Discours de la servitude volontaire) de La Boétie. Dans un cas comme de l’autre, il s’agit à la fois d’analyser les formes et mécanismes du pouvoir politique (ce que font aussi Machiavel ou Arendt), mais -différence fondamentale entre philosophie et science politique-, il y a ici un parti pris normatif : celui de résister au pouvoir. On peut donc dire que De Jasay, en penseur libéral avisé, nous invite à connaître notre ennemi.

dimanche 17 juillet 2016

Le sommeil de la raison engendre des monstres :


« « C’est un tel choc. Je ne comprends pas pourquoi ce genre de choses arrive de plus en plus et en France en particulier. » témoigne Mikko Malkavaara, un Finlandais de 57 ans, qui a un pied à terre dans la ville. » (Le Courier de l’Ouest, n°21866, 16 juillet 2016, p.3)

« Vous ne pensez pas la guerre ? Alors vous ne pensez rien ! C’est terrible, vous savez, de ne penser rien. » -Léon Bloy, détourné.

vendredi 24 juin 2016

Brexit, le crépuscule de la servitude

« Courageux et libre, le grand peuple britannique vient de se hisser à la hauteur de son histoire et d’administrer une formidable leçon de liberté aux autres peuples du continent.
En ce 24 juin au matin, une chose est sûre : l’Histoire vient de basculer.
Non seulement le Royaume-Uni va reprendre sa liberté mais tous les peuples d’Europe, les uns après les autres, vont désormais exiger d’avoir aussi la même possibilité.
En sortant leur pays de l’infâme piège tendu par Washington depuis 1951, les Britanniques viennent de rendre au monde un service comparable à celui de 1940.
En ce 24 juin 2016 au matin, la prétendue « construction européenne » vient de commencer son effondrement final. »

samedi 18 juin 2016

La formation de la classe ouvrière anglaise, d’Edward P. Thompson

L’historien marxiste Edward P. Thompson fit paraître en 1963 un important ouvrage historique, devenu depuis un classique dans le monde anglo-saxon : La formation de la classe ouvrière anglaise. Il y traite avec un luxe de détails (et un style souvent déroutant) du contexte politique, social et économique de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle dans une Angleterre marquée par les guerres napoléoniennes et la Révolution industrielle. L’auteur, qui appartient au « marxisme occidental » dont j’ai déjà évoqué une autre figure, en profite pour y montrer, au milieu du chaos d’une ère de guerre civile larvée, l’action autonome du prolétariat naissant, dans un esprit d’opposition au dirigisme de parti (Thompson est un dissident du Parti communiste britannique), et au primat de la théorie alors incarné par le philosophe français Louis Althusser.

jeudi 2 juin 2016

Le fascisme vu de gauche : Analyse du cas Alain Soral


C’est en 1964 que le théoricien traditionnaliste et pro-mussolinien Julius Evola faisait paraître son essai, Le Fascisme vu de droite. Introduit en France notamment par la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist, le fasciste italien alimente désormais la propagande idéologique de M. Alain Soral, par l’intermédiaire de son site internet.

Quoi de plus pertinent que de détourner le titre d’origine pour baptiser l’analyse du discours soralien, lorsque celle-ci provient de son ancienne famille politique, je veux dire le camp communiste ?

mercredi 4 mai 2016

Une fable postmoderne, de Jean-François Lyotard

Une fable postmoderne est l’un des textes qui composent le recueil Moralités postmodernes. Jean-François Lyotard y narre d’abord une apocalypse conforme avec nos connaissances scientifiques modernes, à savoir la mort du soleil, que Wikipédia décrit ainsi : « Lorsqu’il sera âgé de 10,5 milliards d’années, l’équilibre hydrostatique sera rompu. Le Soleil aura converti tout l'hydrogène de son cœur en hélium. Le noyau d'hélium se contractera et s’échauffera fortement tandis qu’une couronne externe du cœur fusionnera l’hydrogène en hélium. Ses couches superficielles, dilatées par le flux thermique croissant et ainsi partiellement libérées de l’effet gravitationnel, seront progressivement repoussées : le Soleil se dilatera, d'abord lentement sur 500 millions d'années, puis plus rapidement sur 500 millions d'années supplémentaires, pour finalement se transformer en géante rouge. Au terme de ce processus, le diamètre du Soleil sera environ 100 fois supérieur à l’actuel et près de 2 000 fois plus lumineux. Il dépassera l’orbite de Mercure et de Vénus. La Terre, si elle subsiste encore, ne sera plus qu’un désert calciné. »

dimanche 10 avril 2016

Considérations sur le temps présent (3) :

« Les hommes font leur histoire, quelque tournure qu'elle prenne, en poursuivant chacun leurs fins propres, consciemment voulues, et ce sont précisément les résultats de ces nombreuses volontés agissant dans des sens différents et de leurs répercussions variées sur le monde extérieur qui constituent l'histoire. Il s'agit aussi, par conséquent, de ce que veulent les nombreux individus pris isolément. »
-Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, 1888.

samedi 2 avril 2016